Le Coranoscope® d'Eugénie Baccot et Cyril Abad

Le Coranoscope® d'Eugénie Baccot et Cyril Abad

Le confinement a été une période à part pour beaucoup de créatifs. Bluffées par le projet mené pendant cette période par deux photographes, nous sommes allées à leur rencontre... 

 

Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous décrire votre parcours ?

 

Nous sommes un couple de photographes, Eugénie Baccot et Cyril Abad, qui avons confiné dans le 20e arrondissement de Paris dans une rue qui, ironie du sort, porte le nom du célèbre épidémiologiste qui découvrit en 1818 la fièvre typhoïde, Pierre Fidèle Bretonneau...

 

Eugénie Baccot, photographe documentaire basée à Bordeaux, travaille pour la presse française et internationale où sont publiés ses reportages (GÉO, Paris Match...). Ses terrains de prédilection sont l’Afrique de l’Est et les USA, pays qu’elle a dû quitter à regret en mars 2020 « à cause de ce sale virus » (selon D. Trump), alors qu’elle entamait un projet photographique à deux écritures en compagnie de Cyril Abad.

 

Cyril Abad est photographe documentaire et vit à Paris dans le 20e depuis bientôt 10 ans. Il collabore régulièrement avec la presse magazine française et internationale au travers de reportages décalés comme « Blackpool, the Brexit holidays » ou le projet « In god we trust » sur les formes originales de la religion aux États-Unis. Ce projet de 3 années a été primé, publié de nombreuses fois et exposé en 2019 à Visa Pour l’Image, Barrobjectif et au Photo festival de Saint Brieuc.

 

 

Dans quelles conditions a commencé pour vous le confinement ?

 

Lorsque nous sommes rentrés en France après avoir essuyé une tempête hivernale à Denver, Colorado, celle-ci confinait déjà depuis une semaine. Nous avons dû quitter les USA précipitamment en laissant derrière nous un beau projet photographique long de deux mois. La frustration était énorme, car nous travaillions sur cette série de reportages depuis bientôt trois mois. Le sentiment était d’autant plus fort que le projet avait séduit un média important et était pour le coup en grande partie financé.

 

Nous débarquons dans une ville que l’on ne reconnaît pas ; les rues sont vides, les rideaux de fer des magasins sont baissés et plane un sentiment palpable de peur et de défiance. On se retrouve dans le 20e à s’interroger sur la suite.

 

Qu’est-ce qui vous a motivés à mettre en place le projet du Coranoscope® ?

 

Des amis photographes du quartier avaient pour projet de documenter pendant le confinement la vie de l’arrondissement. Il s’appelait Covid2020 et nous les avons rapidement rejoints, trouvant là l’opportunité de pouvoir enfin collaborer tous les deux en mixant nos écritures photographiques.

 

Nous avions envie de parler de ce qui se passait, mais certainement pas de manière frontale, l’actu pour l’actu ne représentant pour nous que très peu d’intérêt. L’idée de diptyque s’est imposée assez rapidement. Tout un concept est alors né. Nous lui avons donné un nom, le Coranoscope®.

 

« Le CORONASCOPE®

( Déf : nom neutre, sens 2 : télescope portatif destiné à visualiser la décharge corona ou couronne utilisé pour la première fois en mars 1964 par le professeur J.D. Bohlin du Hight Altitude Observatory, Boulder, Colorado).

C’est un nouveau format développé en avril 2020 détrônant le Panavision, le grand standard mondial pour les films 35mm.

Les images produites grâce au procéde Coronascope® sont des strips dans un rapport approchant les 20,20 x 10.

Ce sont 2 regards confinés dans deux images strips au format Coronascope® pour une- photographie libre.

Le Coronascope® est né de la volonté de tuer la distanciation au travers du médium photographique. »

 

Nous avons eu l’idée de tenter, via ces diptyques, d’illustrer les mots, termes qui nourrissaient le nouveau champs lexical du covid-19, comme seconde vague, distanciation, phylodynamique, stop covid…

Nous étions emballés, cela tenait la route et on s’amusait beaucoup. Nous épluchions le matin la presse à la recherche de ces mots-clés puis nous réfléchissions à la manière de les illustrer en deux images complémentaires.

 

 

Le confinement : accélérateur ou frein à l’inspiration ?

 

Les contraintes liées au confinement, les routines qui se mettaient en place, la lassitude et un territoire restreint furent autant d’ingrédients inspirants inattendus. Ce fût un merveilleux moment de réflexion à deux, d’élaboration d’une écriture commune, de partage. Un bon entraînement pour nos collaborations futures.

 

 

 

Comment le projet a-t-il évolué avec le déconfinement ?

 

Le Coronascope® n’est pas un projet contenu dans les limites du confinement. Rien de ce qui le constitue ne l’empêche de vivre maintenant dans le déconfinement. Cependant, nous préférons le mettre en sommeil, en attendant... la seconde vague.

 

Retrouvez sur Instagram le travail d'Eugénie Baccot et de Cyril Abad.

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