On aime travailler avec... #13 : Marion Richaud

Peux-tu nous résumer ton parcours professionnel et ce qui t'a conduite à la traduction ?


J’ai un parcours très classique. À 12 ans, je savais déjà que je voulais être traductrice, j’ai donc suivi le cursus qu’il fallait : licence de langues étrangères avec une année Erasmus en Allemagne, école de traduction (l’ISIT à Paris), puis DESS de langues et techniques à Rennes.
À l’ISIT, nous avions eu une « journée des métiers » où des professionnels nous présentaient leur activité. Une traductrice d’édition nous avait expliqué qu’elle traduisait des beaux livres et des guides pratiques, je me rappelle qu’elle était en train de traduire un livre sur le judo et que les sujets étaient très variés. Je m’étais dit : « c’est exactement ça que je veux faire ! ». À l’époque, ça me paraissait impossible de rentrer dans le milieu de l’édition. J’ai donc commencé par la traduction technique, en créant une agence de traduction avec un camarade de promo. Projet qui n’a pas été concluant et j’ai fini par répondre à une annonce sur un site d’annonces professionnelles. C’est ainsi que j’ai décroché mon premier contrat pour un livre sur les cigares. La machine était lancée et les projets se sont vite enchaînés.


Comment définirais-tu ton métier ?


C’est un métier passionnant qui ouvre constamment de nouveaux horizons, qui me force à m’intéresser à des sujets sur lesquels je ne me serais jamais attardée autrement. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je passerais des heures sur des forums de passionnés de locomotives, de Harley Davidson, de cigares et j’en passe ! Même s’il faut bien l’avouer, ce ne sont toujours pas mes sujets de prédilection.
C’est aussi un métier solitaire qui demande beaucoup de rigueur. On me demande souvent si les contacts ne me manquent pas, si je ne me sens pas seule. Je réponds alors que j’ai la chance de choisir les gens que je vois et que je peux privilégier des contacts de qualité ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas en entreprise. Je ne me sens pas du tout seule (et d’autant moins que mon mari travaille lui aussi à la maison) !


Qu'est-ce que tu préfères dans l'activité de traductrice ?


En premier lieu, la liberté. Je peux travailler d’où je veux, quand je veux, aller voir une expo dans la journée et me remettre le soir à ma traduction une fois les enfants couchés. Nous avons aussi pu décider facilement de quitter Paris pour nous installer dans le sud de la France.
Ensuite, la découverte. Les sujets traités sont d’une incroyable diversité, d’un mois à l’autre je passe de la couture à la typographie, de la gastronomie chinoise aux tatouages, de la calligraphie aux créations en béton, de l’architecture romane aux cupcakes, de la mode aux pirates…
Enfin, la langue. Plus encore que la maîtrise de langues étrangères, la traduction requiert une excellente maîtrise de la langue française. J’aime la manipuler, partir en quête du mot juste, faire des recherches, aller de source en source et trouver parfois la bonne formulation au détour d’une lecture « loisir » qui n’a rien à voir avec le sujet traité.


Y a-t-il une spécificité à traduire des ouvrages Pyramyd ?


Les ouvrages Pyramyd sont très techniques, précis, « professionnels ». Ils requièrent de faire beaucoup de recherches, mais c’est toujours un plaisir quand je reçois un mail de Pyramyd – je sais que je ne vais pas m’ennuyer et que je serai fière du résultat quand j’aurai le livre entre les mains.


Quel est ton favori au catalogue des éditions Pyramyd ?


Parmi les « miens », je dirais Croquer la ville qui m’a donné envie de prendre un crayon et carnet, même si malheureusement je n’ai aucun talent dans le domaine. J’ai également beaucoup aimé Livres et carnets faits main et sinon dans le reste du catalogue je trouve les livres de la collection très esthétiques – mais ça c’est parce que j’adore (lire, feuilleter et traduire) les livres de cuisine !