Rencontre avec les auteurs d'Ateliers gravure

Publié à la fin de l'été, Ateliers gravure ravit son public ! Nous avons posé quelques questions à ses auteurs : Benjamin Bassimon, Luce Mahoudeaux-Duvoskeldt et France Reynaud. 

 

Pouvez-vous vous présenter chacun brièvement et nous parler de votre rencontre ?

F.R. Je m‘appelle France Reynaud. Je suis originaire de Gaillac dans le Tarn. Après des études d’histoire à l’université de Toulouse Le Mirail, j’ai passé le CAPES de documentation en 1991 et ma première affectation a été un lycée professionnel du Dunkerquois.

Trente ans après, je suis toujours dans ce sympathique département qu’est le Nord.

J’ai rencontré Luce en 2011, elle arrivait en tant que professeure d’allemand dans le collège où j’exerçais. Elle m’a proposé de faire la connaissance de Benjamin et de mettre en place, tous les trois, un atelier gravure au collège Arthur Van Hecke.

Ces ateliers gravure ont permis d’exploiter les albums du Prix Nénuphar de l’album jeunesse, prix littéraire pour les 10-13 ans, co-fondé en 2014 avec deux collègues professeurs-documentalistes.

 

L. M-D. Mon nom est Luce Mahoudeaux. Je suis née au Maroc, dans une famille franco-allemande plutôt nomade. Mon Papi allemand était à l'origine libraire-éditeur, modeste et très cultivé à la fois. Il s'était spécialisé dans de petites éditions pour bibliophiles, alliant de belles typographies à des illustrations originales reproduites sur de très beaux papiers. La montée du nazisme a mis un frein brutal à sa vocation. Mais cet aïeul si discret a exercé une forte influence sur moi, et je suis donc devenue professeure d'allemand. Je suis à la retraite depuis mars 2020.

Je grave depuis 2002 et j'ai rencontré Benjamin à Gravelines en 2010, je crois, puis France au collège en 2011. Je lui ai parlé de ma passion pour la gravure et présenté notre tout nouveau responsable d'atelier. Nous avons participé avec une classe de 6e à un atelier pour enfants, puis, devant leur engouement, envisagé de lancer un mini-atelier au collège avec Benjamin pour prof.

 

B.B. Je suis titulaire d'une licence d'arts plastiques (option images imprimées), de l'université Lille III, et d'un diplôme des Métiers d'Arts option gravure, obtenu en 2011 à l'école Estienne. Suite à mes études, j'ai eu l'opportunité d’intégrer les équipes du musée du Dessin et de l'Estampe originale de Gravelines au poste d'agent médiateur et chargé du récolement. Ayant réussi un concours de la fonction publique, je viens de prendre la responsabilité d'une école municipale d'arts plastiques à Erstein, en Alsace.

J'ai tout d'abord rencontré Luce dans le cadre des ateliers de gravure que j’animais au musée. Elle a commencé à me poser des questions sur les encres et sur les techniques à utiliser avec les enfants. La suite, vous la connaissez... Ah, la passion ! 

 

Gravure réalisée par Benjamin Bassimon 

 

De quand date justement votre passion pour la gravure ?

F.R. C’est assez récent puisque comme dit précédemment c’est en 2012, lors de ma rencontre avec Luce puis Benjamin et des ateliers mis en place au collège.

 

L. M-D. Mon Papi nous envoyait chaque année un très beau calendrier d'art, dont nous conservions précieusement les feuillets dans un carton que je possède encore. Enfant puis ado, je passais des heures à fouiller dans ces archives pour changer la décoration de ma chambre. Le noir et blanc des gravures de Dürer ou Rembrandt m'attirait déjà beaucoup.

Puis, vers mes 15 ans, un collègue à la fois très bricoleur et très artiste de mon père s'est monté sa propre presse. Il m'a invitée à assister au tirage de ses eaux-fortes. J'étais médusée par cette image inversée et multiple, et cette fascination ne m'a jamais quittée.

 

B.B. J'ai découvert la gravure il y a quatorze ans lors de ma première année de licence. Mon professeur était Alexis Trousset, c'est lui qui m'a transmis la passion. Jean-Étienne Grisalain, professeur d'images imprimées, m'a beaucoup poussé vers cet art. L'école Estienne a fait le reste. 

 

 

Comment présenteriez-vous cette discipline à quelqu’un qui n’y connaît absolument rien ?

L. M-D. C'est difficile de répondre, tant il y a de diversité dans les techniques de gravure... Je pense que les discours sont vains, il faut passer par l'expérience directe.

 

B.B. Je commence toujours par présenter la gravure en expliquant le terme : Graver signifie creuser. On crée des sillons sur une plaque à l'aide d'un outil et on l'imprime.

 

Gravure réalisée par Luce Mahoudeaux-Duvoskeldt

 

Avez-vous une technique de gravure favorite ?

F.R. Je pratique beaucoup la taille d’épargne - linogravure et gomme -, néanmoins je commence à graver à la pointe sèche sur zinc.

 

L. M-D. La taille d'épargne, sur lino ou sur bois.

 

B.B.  Oui...la gravure au burin.

Pour cette technique, on incise le cuivre directement à l'aide de l'outil du même nom. Un copeau se soulève progressivement. L'art de la patience.... et de la minutie.

 

Gravure réalisée par France Reynaud 

 

Qu’est-ce que vous a donné envie d’écrire cet ouvrage ?

F.R. Ah ça, c’est l’œuvre de Benjamin !

C’est lui qui nous a proposé d’utiliser les ateliers que nous faisions avec les élèves de l’atelier gravure du collège pour en faire un ouvrage.

Persuadé qu’aucun livre de ce genre, inspiré par des ateliers d’enfants, n’existait, Benjamin sûr de lui nous a motivées et embarquées dans l’aventure.

 

L. M-D. Oui, c'est Benjamin qui, à force d'insistance, a su nous persuader de nous lancer dans cette aventure. Son enthousiasme et sa foi en notre projet ont été contagieux. Il avait raison d'y croire. Et les éditions Pyramyd ont réellement produit un ouvrage magnifique à partir de notre travail.

 

B.B. L'envie de transmettre et de partager l'art de la gravure au plus grand nombre.