Rencontre avec Linda Mestaoui

Rencontre avec Linda Mestaoui

L'autrice de Street art, mon amour répond à nos questions pour nous parler de son livre et de ses passions. 

 

Bonjour Linda. Peux-tu te présenter et nous parler brièvement de ton parcours ?

 

Bonjour. Je viens du milieu de la mode, j’ai commencé à travailler au magazine Elle au début de ma carrière, puis j’ai été journaliste - lifestyle, art, mode & beauté - pendant une dizaine d’années (Milk, groupe Marie-Claire, magazines de palaces…).

Je suis depuis 4 ans autrice  de livres d’art. J’ai publié aux éditions Alternatives la monographie du street artiste Combo et Green art, la nature milieu et matière de création, le portrait de 25 artistes internationaux .

Street art, mon amour est mon troisième ouvrage.

En parallèle de mon travail d’autrice, je réalise en tant que photographe des séries consacrées à la jeunesse des quartiers populaires. Je suis née et j’ai grandi à Villiers-Le-Bel. En 2016, j’ai ressenti le besoin de retourner sur place pour photographier la jeunesse. La série (publiée par Vice et coup de cœur du magazine Fisheye) s’intitule Back in the Hood, en référence au film de John Singleton Boys in the Hood, qui a marqué mon adolescence. Je travaille depuis le printemps 2017 sur une série consacrée aux passionnés de crossbitume baptisée Les Princes de la ville. Une pratique illégale, à risques, qui me fascine tant dans l’énergie qu’elle dégage que techniquement ; les acrobaties sont réalisées avec beaucoup de grâce, d’enthousiasme et de sang froid.

 

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire un ouvrage sur l’amour dans le street art ?

 

Autant les œuvres des street artistes mondialement connus que les inscriptions anonymes que j’ai pu croiser sur les murs de Paris à Marseille. Du petit cœur discret au plus imposant réalisé à la bombe aérosole rouge flashy dans les couloirs du métro, du message inscrit au poska sur un poteau « moi aussi mon amour plus que tout au monde », à l'énorme « Je t’aime » tagué sur la Corniche Kennedy face à la mer à Marseille. À chaque fois cela me faisait sourire. Je pense sincèrement que l’amour est le sentiment le plus puissant qui puisse exister et le plus révolutionnaire aussi ! On accomplit des miracles par amour. Je suis une adepte de la pensée de Marianne Wiliamson, l’autrice d’Un retour à l’amour (à lire absolument).

Et puis chez les graffeurs et les taggeurs, il y a eu aussi pas mal de déclarations d’amour, les mecs inscrivaient le prénom de leur copine sur les murs et les wagons de trains. André l’a beaucoup fait aussi avec ses love graffiti.

Dans le contexte de pandémie dans lequel j'ai réalisé ce livre, c’est devenu compliqué de se toucher, de s’embrasser, de se séduire, de se prendre dans les bras, même de se sourire. Je trouvais que l’on avait besoin encore plus d’amour, d’élans romantiques et de diffuser du love au maximum.

 

Quelle a été ta méthode de travail pour ce livre ?

 

Il a d’abord fallu sélectionner les œuvres, cela correspond à plusieurs mois de recherches, puis contacter les artistes. Cet ouvrage se compose essentiellement d'images, la partie écriture est moins présente, sauf pour l’introduction et les biographies finales. J'ai également choisi des citations, j’avais envie de mélanger autant des fragments littéraires que des rimes de rap.

 

 

As-tu des artistes favoris dans cette sélection ? Lesquels ?

 

Tous ! Mais j'aime particulièrement l’œuvre de Philippe Echaroux Love is the Law, réalisée à Marseille. J’ai beaucoup insisté pour avoir les œuvres engagées de JPS dont j’aime la démarche artistique, et celles de Brusk, un street artiste dont j’avais découvert l’œuvre Kama Sutra lors d’une exposition en 2016 à la galerie Laurent Strouk. 

 

 

Quelles sont d’après toi les grandes thématiques dont le street art devrait ou pourrait s’emparer dans les semaines ou mois à venir ?

 

Le street art est de plus en plus lié à l’actualité, donc évidemment la crise sanitaire est déjà bien présente dans les oeuvres, mais je ne suis pas sûre que ce soit ce que l’on ait le plus envie de voir, étant donné le niveau de saturation qui est le nôtre... Peut-être la liberté individuelle, la richesse de l’art noir, et moi je miserais sur le fait de retrouver l’essence même de cette culture de rue, pleine de cran, de spontanéité, d’anti-conformisme, la prise de risque. Il s'agirait de ne pas s'ennuyer avec des œuvres certes gargantuesques et magistralement réalisées, mais qui manquent un peu d’âme et de sincérité finalement.

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